Connaissez-vous le livre “Heureux comme un Danois” ?  Publié chez Grasset en avril 2014, l’ouvrage part du constat que le Danemark arrive régulièrement sur les podiums des études internationales sur le bonheur, et se demande pourquoi ? Quelles sont en effet les recettes qui font que tant de Danois sont épanouis dans un pays où la nuit et le froid sont omniprésents, et où la fiscalité bat des records ? Intrigués par la question, les Français (plutôt loin derrière dans ce genre de classement), ont réservé un bel accueil au livre, aujourd’hui traduit en 12 langues à travers le monde.

Quant à son auteure, Malene Rydahl, une Danoise vivant à Paris depuis plus de vingt ans, ex-directrice de communication chez Hyatt, elle a commis depuis un deuxième ouvrage : Le bonheur sans illusions”, publié en septembre 2017 chez Flammarion. Elle se demande cette fois si la quête de la beauté, de l’argent, du pouvoir, de la célébrité et du sexe, peut nous rendre profondément heureux. En  parallèle, elle multiplie les conférences au sujet du bonheur. C’est dans le cadre de l’une d’elles, lors des Rencontres d’Antibes juan-les-Pins, que j’ai eu le plaisir de l’entendre nous donner les clés du bonheur à la danoise, et sa propre vision  de la chose…

Conférence Malene Rydahl

 Les clés du bonheur à la danoise … Et c’est vraiment différent de chez nous !

L’éducation

  • Au Danemark, le but de l’école est de développer la personnalité de l’enfant. Il n’y a pas de hiérarchie entre les matières :  les maths sont tout aussi importants que les cours de cuisine. On dirige chaque enfant vers ses talents et on essaie de lui donner confiance pour qu’il se réalise pleinement.
  • Les Danois valorisent les enfants dès le plus jeune âge pour qu’à terme, chaque individu trouve sa place dans la société. Malene Rydahl évoque le syndrome de l’éboueur heureux : celui-ci est heureux parce qu’il a conscience que sans lui et son travail, la société ne pourrait  pas fonctionner correctement.
  • Dès le plus jeune âge, on apprend aux enfants l’empathie. Il y a une heure dédiée chaque semaine. Le but est de leur apprendre à comprendre leurs émotions et celles des autres. Et de leur apprendre à communiquer sur ce sujet.
  • La société danoise veut que chaque jeune puisse choisir la vie qui lui convient indépendamment de la situation ou de la classe sociale de ses parents. Tout jeune danois a ainsi droit à une bourse de 760 € par mois. Ainsi la probabilité qu’un fils d’ouvrier devienne avocat est la même que pour celle d’un fils d’avocat.
  • La société danoise est une société de décomplexée. Il existe une éducation à la sexualité complètement sans tabou. Vers 13 ou 14 ans, les jeunes bénéficient d’une semaine d’information entièrement dédiée à ce sujet. On leur montre même des films pornographiques pour leur dire  : “Vous voyez, ça ce n’est vraiment pas la réalité !

À l’école, on ne demande pas aux enfants d’apprendre des choses par coeur, on leur demande surtout “qu’est-ce que tu en penses ?”  On leur apprend à donner leur avis sans être jugés.

 L’importance de la confiance !

  • La confiance est une valeur phare pour Malene Rydahl. Elle se qualifie même d’ “ambassadrice de confiance” et tente d’appliquer ce concept au quotidien, dans tous ses échanges, “parce que la vie est beaucoup plus facile ainsi ! ” Selon elle, le sentiment de confiance permet d’aborder l’autre avec bienveillance. “Faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait est une attitude très importante au Danemark, les parents montrent cet exemple à leurs enfants.” Et ça semble fonctionner :
  • Le Danemark a un taux de confiance le plus élevé au monde !
  • Au Danemark, il n’est pas rare que les parents laissent la poussette devant le café quand ils vont prendre un verre. Pas besoin de surveiller, tout le monde se fait confiance !

La confiance se retrouve dans le monde du travail. De nombreux Danois peuvent pratiquer le télétravail ou aménager leurs horaires de travail en fonction des circonstances de la vie (enfants en bas-âge, parents proches dont il faut s’occuper…) À ce sujet, Malene Rydahl, qui intervient auprès de grands groupes en tant qu’executive coach, remarque que dans nos sociétés aussi, les grands groupes sont prêts à favoriser ces modes de travail demandés par les nouvelles générations de talents, mais avec tellement de réserves… “Pas le vendredi car ils vont partir en week-end, pas le lundi car ils vont rester en week-end, pas le mercredi car ils vont s’occuper des enfants”“Où est la confiance ?”, interroge la Danoise, tout en remarquant par ailleurs que de toute façon ce n’est pas durant les heures de travail qu’est favorisée la créativité : “Je ne sais pas vous, mais je n’ai jamais eu une bonne idée durant mes heures de travail !”. Ce n’est pas pour rien que des grands groupes comme LVMH ou Google proposent à leurs salariés de réaliser des projets personnels sur leur temps de travail !

  • La confiance dans la classe politique est très forte (84 % des Danois font confiance aux politiques aux institutions). Celle-ci n’est pas survalorisée. Elle se veut exemplaire. Plus de 60 % des parlementaires se rendent ainsi au Parlement à vélo. Il y a une tolérance zéro concernant les dépenses d’argent public. Malène Rydahl  raconte sa propre expérience. “Une fois, je devais rencontrer un diplomate danois à Paris. Je lui avais donné rendez-vous dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés, où je me trouvais. Il m’a appelé en me disant que cela le gênait, que c’était trop cher, et comme cela était possible, nous avons changé pour un endroit plus accessible.

 L’argent ne fait pas le bonheur des Danois

  •  Le Danois pratique ce qu’on appelle le “simple living”. Il n’aspire pas à devenir le meilleur, depuis tout petit il cultive l’esprit collectif.
  •  Même les très belles réussites comme par exemple la famille qui possède le groupe LEGO, restent discrètes et humbles dans le choix de leur maison, de leurs voitures.  Il n’y a pas de démonstration de richesse, ce n’est pas l’objectif du Danois.
  • Tandis que pour 80 % des Américains, la première ambition est d’être riche et de gagner beaucoup d’argent, au Danemark c’est tout le contraire. Les Danois aspirent surtout à une vie qui leur ressemble, à une famille harmonieuse. Ils ont une quête de sens et de collectif plutôt qu’une quête de l’argent.

Les Danois sont majoritairement heureux de payer leurs impôts, ils sont fiers de participer à la vie collective, ils trouvent cela gratifiant !

Le bien-être façon Hygge  ( prononcez “Hugue”)

  • “Le livre du Hygge” qui présente ce concept caractéristique de la société danoise s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires ! C’est devenu une véritable mode. Le concept se rapproche de celui dit du “ cocooning”.
  • Selon Malene Rydahl, il consiste en des moments simples de bienveillance et d’échange avec les autres, des moments de ressourcement. Pas de téléphone en mode Hygge, on fait des choses ensemble, on ne parle pas de sujet clivants, on est présent au moment.
  • Ce sont des instants incluants : pas de caviar ni de champagne sur la table, seulement des choses qui sont accessibles à tous.
  • Malene Rydahl avoue pratiquer le Hygge plusieurs fois par jour. « Dès le réveil, je prends un moment pour allumer les bougies, lire tranquillement les journaux et boire mon café.  Le soir, après une longue journée de travail, je fais un moment de pause avant d’attaquer la soirée. C’est pareil, j’allume des bougies… »
  • Malene Rydahl raconte avoir reçu des témoignages de certaines personnes s’étant essayées au Hygge en famille, en mettant des bougies le soir, sur la table. “Au début les enfants ont cru qu’ils devaient partir, que c’était une soirée romantique pour leurs parents. Puis ils ont trouvé ça agréable et rapportent que les conversations ont changé, grâce à l’ambiance”.

 Les hommes sont des femmes comme les autres … et inversement 😉

  •  La société danoise a vraiment libéré l’homme pour qu’il se sente à l’aise avec des valeurs dites “féminines”.
  • Là-bas, l’homme à tout autant le droit que la femme de dire : “J’aime m’occuper de mes enfants.” Ou ou bien :  “Je dois partir à 4h pour aller chercher les enfants à l’école.” Cela ne choque pas.

Ce que dit Malene Rydahl sur le Bonheur … Une vision que je partage !

  • Le bonheur, c’est une question d’alignement entre ce qu’on dit et ce qu’on fait et entre ce qu’on fait et ce qu’on dit. C’est avoir une vie qui nous ressemble.
  • L’un des piliers importants du bonheur, c’est la connaissance de soi, la relation qu’on a avec soi-même et comment on navigue dans la vie. C’est être bien avec soi…
  • Pour être heureux, il faut plutôt regarder le chemin que le but.Il faut surtout garder sa capacité d’émerveillement. Aller au-delà de ce qu’on appelle l’adaptation hédonique, qui fait qu’une fois un désir comblé, on s’adapte et tout nous paraît normal. On est alors dans une insatisfaction perpétuelle. Il faut être capable de s’émerveiller à nouveau à chaque fois, et de savoir exprimer sa gratitude face à la vie et ce qu’elle nous amène. Ne pas prendre toutes les belles choses pour acquises….
  • Le bonheur c’est trouver un sens à sa vie. Savoir pourquoi on se lève le matin. Avoir ce sentiment de participer à un projet, de se sentir utile.
  • Il faut être fidèle au petit enfant qui est en nous. Il y a parfois une trop grande distance entre celui-ci et ce que nous sommes devenus. C’est un peu ça la crise de la quarantaine, l’enfant intérieur vous rappelle à l’ordre et vous dit  : “Mais qu’est-ce que tu as fait de moi ?!”

 A NOTER  : Les études montrent que le bonheur dépend à 50 % de notre génétique, à 40 % de nous et de notre attitude face aux choses et seulement à 10 % de ce qui nous arrive, de notre environnement extérieur” 

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Coachiquement vôtre

Florence Buades – Coach & auteur

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